Let's go to Chicago


« I fell in love again

All things go, all things go
Drove to Chicago
All things know, all things know »

C’est en écoutant (ou en chantant) ces belles paroles qu’on est arrivées à Chicago. Une heure en avance, puisqu’on était restées à l’heure de New York. Et oui, au pays des cow-boys, les horlogers sont rois ! Bref. La famille Angulo nous attendait dans un quartier très mignon et très bien situé de Chicago, et nous a accueillies en grandes pompes. C’est avec une Corona en main et dans une chambre de princesse qu’on a posé nos sacs pour 4 nuits. Pas étonnant : il s’avère que Jaime, Joan, et JJ sont parmi les être les plus hospitaliers, généreux et souriants qu’on ait rencontrés sur notre route.


On nous avait prévenues : Chicago est une ville incroyable, elle n’a rien à envier à New York. L’architecture y est pour beaucoup : chaque immeuble du vaste centre-ville est impressionnant et a sa propre histoire. La magnifique ancienne bibliothèque (désormais centre culturel) en marbre et en mosaïque évoque le XIXème siècle et l’effort de la ville d’incarner une puissance culturelle. A quelques pas de là, le Bean, sorte de sculpture informe et pour le coup très moderne au milieu du Millenium Park, affole les touristes qui s’empressent d’immortaliser leurs reflets avec leurs selfie sticks… Un peu plus loin sur la Michigan Avenue, une bâtisse abrite des pierres historiques des quatre coins du monde : une pierre de la cave d’Injun Joe dans le Missouri (haut-lieu de l’histoire de Tom Sawyer), une autre du Mur des Lamentations, encore une du dôme de la basilique St Pierre… La statue d’Abraham Lincoln règne sur le reste du centre-ville, aux côtés du sculpteur et petit-fils du cofondateur de Johnson & Johnson qui a eu le bon goût (d’après la légende) de se sculpter lui-même,  juste à côté, et à la même taille, bien entendu. Ah, ego, quand tu nous tiens… Tiens, en parlant d’ego, la Trump Tower siège le long de la rivière Chicago, et, malgré toute notre bonne volonté, on n’a pas pu s’empêcher d’admirer sa beauté, qui soumet quiconque voguant sur les taxi boats, et vous met une claque lorsque vous circulez dans le centre la nuit. Le tour du centre-ville se termine de manière peu habituelle (vous commencez à comprendre maintenant que c’est notre truc) : les pieds dans le sable sur la plage au bord du lac Michigan.

 

Chicago, c’est aussi un haut lieu du blues. L’effervescence industrielle de la ville a motivé les populations pauvres et noires du sud à s’installer là-bas, emportant dans leurs valises le blues et le jazz. Une des figures de proue du Chicago blues est Muddy Waters, qui a remplacé sa guitare acoustique avec une électrique. C’est la marque de fabrique du Chicago blues : du Delta blues électrifié (en gros). Tout ça, Art le sait mieux que personne. Ce grand monsieur au style étonnant photographie depuis des années les plus grands musiciens de l’ombre de Chicago. Il écume les bars, chapeau vissé sur la tête, foulard au cou et appareil photo pro au poing, en quête de la photographie qui capturera cette passion, cette magie, ce frisson. C’est justement au comptoir d’un bar de musique live qu’on l’a rencontré. Dès lors, il n’y avait plus qu’à fermer les yeux et se laisser embarquer dans l’aventure d’une nuit. Il nous invite au Kingston Mines, un des plus grands clubs de blues. Parmi les musiciens du soir, c’est une musicienne en particulier dont on se souvient le plus : Joanna O’Connor. On a d’abord eu une impression assez curieuse. Une femme forte, d’un certain âge, avec des lunettes de vue et des petites boucles d’oreille, sur scène. Elle avait un peu le physique d’une maman poule, quoi. Et puis, on a tendu l’oreille : Incroyable. Elle a tout : la technique, le charisme, le blues et le rock coulent dans ses veines et ça se sent à chaque nouvelle note improvisée. Une bad-ass qui brûle le rock à coups de médiator. On fait un projet sur les idées reçues en entreprise : à priori, on est (censées être) à peu près alertes sur les apparences trompeuses et les convictions sans fond. Mais là, c’était vraiment quelque chose. Et cette déesse du rock, après le concert, range sa guitare, remonte dans sa voiture, met son clignotant, et s’en va. Nous aussi, on finit par rentrer au petit jour, avec des étoiles encore plein les yeux.

Petite histoire de Chicago


Fun facts
- Chicago en langue indienne locale signifie « oignons sauvages ».
- C’est à Chicago que la télécommande a été inventée.
- Son premier habitant officiel était Baptiste Point du Sable, esclave affranchi métisse, en 1780.

Chicago est située au bord du lac Michigan et de la rivière Chicago. Elle est donc devenue assez naturellement une ville (officiellement en 1833 après avoir mis les Amérindiens par terre) importante, c’était d’ailleurs la capitale du commerce de grains : le Chicago Board of Trade est la première bourse commerciale du monde. Mais en 1871, pendant que certains perdaient l’Alsace et la Lorraine en Europe, la ville connait un incendie phénoménal qui ravage ses immeubles, construits en… bois.

Preuve de la vivacité de la ville, ce n’est que 13 ans après qu’y est construit le premier gratte-ciel au monde (9 étages, à l’époque, c’était assez fou). En fait ce qui est fou ce sont les deux innovations qui ont changé radicalement l’histoire urbaine : l’ascenseur, et la structure architecturale. On « accroche » sur la structure de base des murs en acier plutôt qu’en briques. Du coup, les grands immeubles ne s’effondrent pas sous leur poids. Les briques qu’on voit de l’extérieur, c’est de la déco. 16 ans plus tard, les habitants s’attaquent à sa rivière : ils en changent carrément le sens pour la faire se déverser dans le Mississippi (plutôt que dans le lac, ce qui infectait ce dernier de bactéries et autres particules sympathiques qu’on a la flemme d’aller voir sur Wikipédia). C’est aussi une période de fortes tensions sociales, où les ouvriers se révoltent contre la classe bourgeoise et les conditions de travail qui leur sont imposées – Chicago n’échappe pas aux attentats anarchistes qui secouaient aussi l’Europe industrielle. Bref, Chicago, c’était une grosse ruche industrielle comme on les connaissait en Europe, avec le blues et le jazz en plus.

S’il y a bien un personnage emblématique de Chicago, c’est Al Capone. Un petit délinquant qui, à 21 ans, gérait un commerce illégal d’alcool (pendant la Prohibition, lorsque les bootleggers revendaient des liqueurs distribuées dans les speakeasies et où les pauvres se tuaient à petits feux en consommant du ‘canned heat’) de plusieurs millions de dollars. Certains vestiges de ces années folles sont encore visibles au Green Mill. Ancien club du fameux, il est resté intact. Des restes de cette période s’observent aussi dans le paysage politique, où la corruption est bien encore au cœur de l’actualité locale. Autre chose dont les habitants ont du mal à se débarrasser : le vent. Celle qu’on appelle la Windy City n’a pas un climat facile. D’ailleurs, certains habitants de banlieue ont dû faire face à une tornade (avec coupures de courant et troncs d’arbre lancés dans les airs, quand même) pendant qu’on y était. En juillet. Voilà.

 

Ce qu’on a aimé :

> L'architecture !
L’ancienne bibliothèque : magnifique, riche et légère à la fois. Lumineuse, haute en couleurs.
Les walking tacos : littéralement, des nachos qui se mangent avec les chips Freetos, dans le paquet de chips. C’est délicieux et on en a redemandé.
Les Mangoozers !
> Le guacamole-de-ouf
> Nos désaccords politiques avec Jaime
> La bienveillance de Joan
Le sarcasme de JJ
Jaime, Joan et JJ

 

Ce qui nous a saoulées :

> La pluie
> C'est tout.

 

 

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